Escapade littéraire via la Camargue vers Aigues-Mortes, lieu de la Cansoun de la mai auto Tourre. Après avoir traversé le Rhône sur le bac de Barcarin, longé l’étang du Vaccarès (avec des lectures de Joseph d’Arbaud), fait une halte à l’église des Saintes-Maries-de-la-Mer (avec des lectures de Frédéric Mistral), arrivée à Aigues-Mortes.

 

Vilo di vendemiaire en raro di palun
te noume d’un vièi noum tout bagna d’aigo morto.

Ville des vendangeurs sur le bord des marais
je te nomme d’un vieux nom tout mouillé d’eaux mortes.

(Cansoun de la mai auto Tourre — Chanson de la plus haute Tour, Pouèmo I, p. 168.)

 

 Ansin parlo lou prince à la tourre acouida…

Ainsi parle le prince à la tour accoudé…

(Cansoun de la mai auto Tourre — Chanson de la plus haute Tour, Pouèmo I, p. 134, 142, 156, 166.)

Soulet lou crid dóu tourdre anounciara l’autouno…
Dóu founs dis ouro morto ausisse soun quilet
Qu’à la mai auto tourre e me sono e m’atrivo.
Quand l’arquié vèi la luno au dessus di merlet…

Seul le cri de la grive annoncera l’automne…
Du fonds des heures mortes, j’entends son cri aigu
qui m’appelle et me pousse à la plus haute tour.
Quand l’archer voit la lune au-dessus des créneaux…

(Cansoun de la mai auto Tourre — Chanson de la plus haute Tour, Pouèmo I, p. 132.)

Tau lou pilot sousprés sout sa velo inmoubilo,
que s’areno, sènt plus soun carenau nada
e que, soul sus la pro douminant touto uno ilo,
dèu dire tourre à son batèu,
tau lou prince se tanco au cimèu dóu castèu.

Tel le pilote, surpris sous sa voile immobile,
qui s’ensable, ne sent plus nager sa carène,
et, seul sur la proue dominant toute une île,
doit appeler « tour » son bateau,
tel le prince s’immobilise au sommet du château.

 

(Cansoun de la mai auto Tourre — Chanson de la plus haute Tour, Pouèmo I, p. 166.)

Pastiero pleno à bord, vers la vilo, li càrri
soun revengu pèr li camin de caladat
e touto la vendèmi es jouncho dins li bàrri…

Sous leurs corbeilles débordantes, vers la ville, les chars
sont revenus par les chemins de pierres
et toute la vendange est resserrée dans les remparts…

 

(Cansoun de la mai auto Tourre — Chanson de la plus haute Tour, Pouèmo I, p. 134.)