Siéu ome de la terro e vole lou soulèu (Je suis homme de la terre et je désire le soleil) dit Delavouët (Pouèmo 3, p. 66).
« Comme la voûte romane, solidement fondée sur sa terre et tendue vers le soleil, sa poésie est à la fois métaphysique et simple.
Nourrie des mythes universels, elle interroge « l’éternel voyageur », l’homme dans le temps qui s’écoule. Et, comme une parabole, elle s’enracine dans son quotidien et dans son sol, tout en demeurant dépouillée de tout ce qui ne serait que simplement pittoresque. »     (Céline Magrini-Romagnoli)

« Il n’existe pas d’autre façon pour comprendre le monde que d’en posséder pleinement un morceau », écrit Delavouët dans Patrimòni (1980). Bèn parga dins soun rode, (Bien campé sur son pays) et dans sa langue, et pourtant si loin des « hordes folkloristes », Max-Philippe Delavouët fut sans nul doute un poète de l’universel.

Choix de la langue provençale

Malgré la reconnaissance parfois trop confidentielle de José Corti (qui édita ses trois premiers volumes), de Lawrence Durrell (qui le proposa pour le prix Nobel) ou de Louis Brauquier (qui, avec André Chamson et Gabriel Audisio, lui fit décerner à l’unanimité le grand prix littéraire de Provence), de Gustave Thibon, de Jean Grosjean, de Jules Supervielle, de David Shahar… Max-Philippe Delavouët savait qu’en choisissant d’écrire en langue provençale il renonçait à une certaine promotion littéraire, et que nombre de manuels et d’anthologies ignoreraient son œuvre. C’est que, disait-il, écrire en langue provençale fut pour lui une nécessité. Une nécessité contenue dans la convenance intime entre un parler et une pensée, entre le verbe et le monde qu’il contient.

…ce que j’aime dans le provençal, c’est qu’il s’agit d’une langue neuve. Elle n’a pas été usée, elle est encore concrète, les mots contiennent encore leurs objets… Pour nous, le provençal est comme le français du Roman de la Rose, il a conservé sa sensualité.
Le printemps d’une langue est fait pour la poésie…

(extrait d’un entretien paru dans Fountains, printemps 1978, traduit par Jean-Yves Masson pour Polyphonies n°21-22/1997)

 

Vaqui : tout coume iéu moun paraulage es nus,
mi mot an rèn de rar, es de mot de semano
qu’abihe de dimenche en counservant soun us,
mai en voulènt moustra sa frescour soubeirano,
 lou pur de sa primo cansoun
e, à travers chascun, li causo coume soun.

Voilà : tout comme moi mon langage est nu,
mes mots n’ont rien de rare, ce sont des mots de semaine
que j’endimanche, en conservant leur usage
mais en voulant montrer leur souveraine fraîcheur,
 la pureté de leur chanson première
et, à travers chacun, les choses telles qu’elles sont.

Pouèmo pèr Evo/Poème pour Eve

Pouèmo

A partir de 1950 et durant 35 ans, Max-Philippe Delavouët travaille à l’élaboration d’un poème unique rédigé en provençal avec traduction française en regard : le grand ensemble que forment les cinq volumes de Pouèmo, publiés entre 1971 et 1991, dans l’écrin de la strophe de six vers qu’il crée pour cette oeuvre.

…j’avais pour habitude de composer mes poèmes dans ma tête en travaillant aux champs, et il me fallait quelque chose pour seconder ma mémoire. Il fallait pour cela une sorte de strophe, afin de me permettre d’en composer deux ou trois dehors, aux champs, puis de les noter le soir. Cela me facilitait les choses.

(extrait d’un entretien paru dans Fountains, printemps 1978, traduit par Jean-Yves Masson pour Polyphonies n°21-22/1997)
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Max-Philippe Delavouët a laissé le nom de Pouèmo à ce vaste ensemble où, disait-il, le héros central est le poème lui-même, en train de se faire, d’évoluer.

Pouèmo s’ouvre avec Pouèmo pèr Evo, oeuvre fondatrice de 134 strophes et de plus de huit cents vers sur laquelle s’appuie et s’élance l’ensemble de Pouèmo.

 

 

Traduction du texte :

Que la mer vienne et revienne, que le temps,
une fois la nuit, une fois le jour, batte la terre
et, faisant ses vagues au ciel qui le contient,
reflétant la colère têtue des eaux,
à grands coups d’ombre et de lumière,
use indéfiniment l’homme, sable lui aussi ;

que tout le rythme du monde autour de moi
s’en donne à cœur joie, puisque je suis justement cet homme ;
que tout cela, sans repos, me racle à vif ;
que le temps dans mon sang avant qu’il ne m’endorme un jour,
emprisonné là pour ma vie,
pour en sortir donne ses coups jusqu’au dernier ;

que tout cela soit sans nul sens, que tout cela
se soit fait une vérité de sa force,
que l’homme soit là pour recevoir les coups
et qu’il se fasse battre sans trop comprendre,
qu’il ne sache pas quel sera son but, après,
quand il sera sous la terre et l’ombre du cyprès ;

qu’il devienne, sous la terre, une grande cage d’ossements
où, comme un oiseau mort, un cœur se parchemine,
quand, se changeant en vers et le rongeant comme un bois,
le temps, toujours le temps, à jamais l’anéantit
moi, mort demain et aujourd’hui étrillé,
le temps ne m’empêche pas, moi l’homme, de parler.

Extrait de Pouèmo pèr Evo (Poème pour Eve) dit par l’auteur (avec un extrait de l’adagio de la sonate Pathétique de Beethoven)

 

La collection des Livres du Bayle-Vert

Bien avant que le premier volume de Pouèmo soit publié (chez Corti en 1971), Max-Philippe Delavouët entreprend au Bayle-Vert un travail d’édition d’art  de ses poèmes, illustrés par ses amis peintres. La collection s’ouvre avec Quatre Cantico pèr l’Age d’Or avec des lithographies d’Auguste Chabaud.

Quatre Cantico per I’Age d’Or Quatre Cantiques pour l’Age d’Or
(Bayle- Vert,  1950)

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Poèmes provençaux avec traduction française de Max-Philippe Delavouët, illustrés de quatre  lithographies d’Auguste Chabaud ;  couverture et signes typographiques de Louis Malbos.
Format  26 x 16 cm., 124 pages.
Tirage 250 exemplaires : de I à XV sur Auvergne Richard de Bas avec suite, de 16 à 100 sur Auvergne Richard de Bas, de 101 à 150 sur Alpha mousse.

 

Tapissarié

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tapisserie

Uno Pichoto Tapissarié de la Mar Une Petite  Tapisserie de la Mer
(Bayle-Vert, 1951)

Texte provençal et traduction française  de Max-Philippe Delavouët, illustré de bois gravés de Henri Pertus.
Format  25 x 16 cm., 32 pages.
Tirage 300 exemplaires : de  1 à 100 sur Auvergne   Richard  de Bas dont 15 avec suite, de 101 à 200 sur Alpha  mousse de Navarre.

Pouèmo pèr Evo Poème pour Eve
(Bayle-Vert,  1952)

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Poème provençal avec traduction française de Max-Philippe Delavouët, illustré par Jean-Pierre Guillermet de bois gravés comprenant 17 planches, 4 petits bois, 3 bandeaux et signes typographiques.
Format 27, 5 x 22 cm., 151 pages.
Tirage 125 exemplaires : de I à V sur velin d’ Arches avec suite augmentée de gravures inédites et de dessins originaux, de 6 à 25 sur vélin d’ Arches avec suite, de 26 à 125 sur vélin de Rives.

 

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roiroiroi

Istòri dóu Rei Mort qu’anavo a la desciso Histoire du Roi Mort qui descendait le fleuve
(Bayle-Vert 1961)

Poème provençal avec traduction française de Max-Philippe Delavouët. Titre, frontispice et culs de lampe illustrés par Paul Coupille.
Format 25 x 16 cm., 44 pages.
Tirage 190 exemplaires : de I à X sur papier Maillol, de 11 à 190 sur vélin d’Arches.

Amour di Quatre Sesoun Amour des Quatre Saisons (Bayle-Vert, 1964)

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amouramour

«Petites images écrites et gravées par Max-Philippe Delavouët.», sérigraphiées par Yves Rigoir.
Format 26 x 22 cm., 16 pages, 8 illustrations 2 couleurs.
Tirage 100 exemplaires sur papier chiffon de Mandeure.

 

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Camin de la Crous Chemin de la Croix (Bayle-Vert, 1966)

Quatorze poèmes provençaux et traduction française de Max-Philippe Delavouët avec titre illustré par l’auteur et 14 illustrations en trois couleurs de Jean Thunin. Texte et illustrations tirés en sérigraphie par Yves Rigoir.
Format 28 x 22 cm., 68 pages.
Tirage 115 exemplaires sur chiffon de Mandeure dont de I à XV avec suite.

 

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Fablo de l’Ome e de si Soulèu Fable de l’Homme et de ses Soleils
(Bayle-Vert, 1968)

Poème provençal et traduction française de Max-Philippe Delavouët. Deux images en couleurs et titre de Marie-Jeanne Rufener, tirés en sérigraphie, ainsi que le texte, par Yves Rigoir.
Format 33 x 25 cm., 34 pages.
Tirage 50 exemplaires sur papier chiffon de Mandeure.

 

Parutions posthumes

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roiroi

Cansoun de l’amour dificile Chanson de l’amour difficile (Bayle-Vert, 1993)
Coplas revirado asatado e trobado per Mas-Felipe Delavouët
Format 18 x 17 cm., 64 pages.
Tirage 150 exemplaires avec un dessin reproduit du manuscrit.
de I a 50 sous emboîtage toile avec suite de trois dessins tirés en sérigraphie par Yves Rigoir,
de 51 a 150 sans suite.

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Cansoun de la Printaniero Chanson de la Printanière
(Bayle-Vert, 2005)

Poème provençal et traduction française de Max-Philippe Delavouët, avec cinq illustrations couleur de Charles-Francois Philippe
Format 25 x 17 cm., 52 pages.
Tirage 300 exemplaires numérotés.